Petites géobiographies des auteurs du Cercle des Amis d’Assia Djebar par eux-mêmes
Le Cercle des Amis d’Assia Djebar créé à Paris en 2009 est une association loi 1901. Son existence remonte à 2005, à l’initiative d’Amel Chaouati, sous le nom du Club de lecture Assia Djebar. Il a pour objectif de réunir des lecteurs aux regards éclectiques sur l’œuvre de l’Académicienne et romancière. Il convie des intervenants de tout bord (lecteurs, étudiants, professeurs, cinéastes, plasticiens…) et organise des projections autour de l’œuvre littéraire et cinématographique d’Assia Djebar. Nomade, Le Cercle se réunit tous les deux mois environ. Les projets sont élaborés en fonction de l’actualité littéraire, des propositions des lecteurs et des rencontres qui se tissent. Depuis sa création, Le Cercle compte à son actif plus d’une trentaine de manifestations dont une en Algérie. Assia Djebar a été invitée une première fois en 2007 puis en 2010 lors de la journée d’études et de lecture organisée à Paris, intitulée Conversation avec l’œuvre d’Assia Djebar.
Amel Chaouati
Assoiffée de liberté et d’expériences nouvelles, Amel Chaouati rêve aux rivages lointains depuis Alger, sa ville natale. À vingt-et-un ans, elle part à Rouen étudier la psychologie, elle développe son cabinet de psychologue à Pontoise et choisit d’exercer également en institution aux côtés de migrants. La douleur des premiers temps à vivre dans un entre-deux, devient sa philosophie. Alors que son vécu en Algérie et son voyage migratoire forment le terreau qui enrichit quotidiennement sa vie professionnelle et ses liens aux autres, l’expérience émotionnelle et intellectuelle accumulée en France, nourrie de brassages multiculturels et de voyages, permettent de repenser l’Algérie et d’y revenir autrement. La recherche, les conférences et l’écriture, à l’instar de cet ouvrage, sont autant de passerelles qui défient toutes formes de frontières entre les pays et en particulier entre la France et l’Algérie.
Sonia Amazit
Enfant de migrants, devenue psychologue clinicienne, une Algérie invisible et silencieuse lui est transmise. À travers les ouvrages d’Assia Djebar, elle découvre un visage musical de l’Algérie peinte et orchestrée par sa main. Exclue et étrangère de l’histoire de ses parents, ce visage musical a été une berceuse et une source pour apaiser une coupure transgénérationnelle. Il a été et restera le premier écueil/accueil, ancré aujourd’hui dans sa chair, où elle a pu déposer ses é-crits. Dès lors, elle est devenue un être de cris qui ne peut plus s’en pass(é)r. Cet écueil/accueil est à l’origine de la rencontre avec Amel Chaouati qui lui offre avec cet ouvrage un sol pour le dévoiler.
Anne-Marie Carthé [http://carthe.jimdo.com/
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Née à Sidi Bel Abbès (Algérie) de parents enseignants. Les temps forts qui rythment une vie, la littérature et l’admiration de ses auteurs, le besoin de partager et d’établir un dialogue, des questionnements, sont le levain de son travail.
Après un baccalauréat littéraire (option arts plastiques), elle prend le chemin des Beaux-Arts de Toulouse pour cinq années (élève de René Izaure et Arthur Saura) à l’issue desquelles elle obtient son diplôme national des Beaux-Arts (option design et architecture d’intérieur). Un parcours loin de la routine. Elle travaille dans différentes entreprises (Landes, Pays basque, Béarn), ouvre son bureau d’étude, passe le CAPES d’arts plastiques et exerce dans l’Académie de Bordeaux en tant que professeur et conseillère pédagogique. Dans son atelier, aux pieds des Pyrénées, depuis 2011, en tant qu’artiste plasticienne, elle se consacre à présent pleinement à la peinture et à l’écriture.
Anne Donadey
Née à Cannes dans un milieu modeste, Anne Donadey grandit en rêvant des États-Unis?; raison pour laquelle elle choisit de faire des études d’anglais. Elle part aux États-Unis comme lectrice de français pour un an avec un diplôme d’anglais obtenu à l’université de Nice et finit par s’y installer. Elle obtient un doctorat de lettres modernes à l’université de Northwestern au nord de Chicago, où elle découvre l’œuvre d’Assia Djebar et d’autres auteures postcoloniales. Elle devient professeur de lettres modernes et d’études féminines et directrice du département d’études européennes à l’Université de San Diego State en Californie. Elle s’intéresse à l’imbrication des questions coloniales, raciales et féminines, ainsi qu’à tous les projets de justice sociale. Évoluant entre deux pays, deux langues et plusieurs cultures, elle est particulièrement sensible à la question du vivre ensemble.
Jennie Dumont
Après des études à la Nouvelle-Orléans, Jennifer (Jennie) Dumont part étudier à Paris. À son retour, elle rencontre pour la première fois Assia Djebar en Louisiane, alors porte-parole des études francophones et féminines. En allant ensuite étudier à New York University, elle a l’intuition que son chemin croisera une nouvelle fois celui de l’écrivaine. En effet, Assia Djebar est nommée professeur à NYU. Elle devient alors son assistante, ce qui lui donne une occasion inouïe de mieux connaître l’écrivaine et désormais ancrer ses lectures et l’histoire des femmes du Maghreb dans une vision moins exotique et plus intime. En 2010, elle a soutenu sa thèse sur l’Évolution de la figure du couple dans le Quatuor algérien. Actuellement, elle réside dans le Maryland et continue de se ressourcer dans l’expérience littéraire d’Assia Djebar qui a marqué sa vie et demeure une source d’inspiration qu’elle partage avec les femmes et les hommes partout dans le monde.
Kiyoko Ishikawa
Née au Japon, pays quasi monolingue, Kiyoko Ishikawa a fait ses études de lettres et de langue françaises à Tokyo, par passion pour la littérature et pour apprendre une langue étrangère autre que l’anglais. En préparant son doctorat aux États-Unis, elle a découvert la littérature francophone, celle du Maghreb en particulier. La langue française, langue des grands écrivains de l’hexagone, devient aussi un moyen d’élargir son horizon sur le plan littéraire et géographique, et ainsi lui permet de diriger ses yeux vers les écrivains dont la création s’effectue essentiellement dans la langue de l’Autre.Traductrice de Tahar Ben Jelloun et d’Assia Djebar, elle travaille actuellement sur l’écriture féminine du Maghreb et crée avec ses collègues un groupe d’étude de littérature maghrébine en langue française au Japon afin de promouvoir l’étude approfondie de cette littérature.
Hibo Moumin Assoweh
Née à Djibouti, îlot francophone de la Corne d’Afrique, Hibo Moumin Assoweh a fait ses études de lettres dans deux universités françaises : Paul-Valéry de Montpellier 3 et l’Université de Bourgogne. Elle soutient une thèse de doctorat à Paris-Sorbonne en novembre 2011. Elle est actuellement maître de conférences en littérature française et comparée à la Faculté des Lettres, Langues et Sciences Humaines de l’Université de Djibouti et chef du département des Sciences et techniques de l’information et de la communication. Passionnée de littérature d’Afrique et d’ailleurs, elle entreprend régulièrement le dépouillement analytique des discours littéraires de son pays en mettant en exergue la richesse poétique des nouvelles et romans et l’ampleur du corpus dramaturgique. Grâce au Cercle des Amis d’Assia Djebar, elle rencontre les textes d’une femme dont la littérature profonde et le style subversif rappellent celui du chant légendaire de ses ancêtres nomades.
Patrick Potot
Légué par la mémoire maternelle, Patrick Potot eut très tôt un vif appétit pour la poésie, la musique et la danse. Après des études de lettres à la Sorbonne, il devint comédien, metteur en scène et connut, grâce au théâtre, beaucoup de pays et autant d’émotions nouvelles?; en partant en tournée à l’étranger ou en collaborant à la création d’artistes venus d’ailleurs. Les mots, les rôles comme passage.
Hervé Sanson
Lectures traversières : l’intérêt d’Hervé Sanson pour le Maghreb ne lui interdit pas de prendre quelques chemins buissonniers, de butiner dans d’autres champs intellectuels et culturels. Ainsi, Claude Cahun, Claude Ollier, Jean-Claude Pirotte, Jean Boullet sont quelques-unes de ces figures qui le fascinent ? jusqu’à inspirer son écriture. Mais le Maghreb est ce port dans lequel le critique-voyageur revient toujours mouiller l’encre ? et se ressourcer. Précisément : l’écriture d’Assia Djebar cristallise sa passion algérienne.
Max Véga-Ritter
Enfant de Constantine (Algérie), la ville des gouffres et des ponts sublimes, Max Véga-Ritter vit en France et chaque année deux mois aux Antilles, nouveau centre d’un monde polycentré (Édouard Glissant). Ancien élève de l’hypokhâgne d’Alger, qu’illustrèrent Albert Camus, Jacques Derrida et Assia Djebar, il est docteur d’État, professeur émérite à l’Université Blaise Pascal. Adepte de la psychanalyse, du Gender et du féminisme, il a lu avec enthousiasme Nulle part dans la maison de mon père. Fervent de rapports rénovés entre l’Algérie indépendante et la France, avec un groupe d’amis constantinois, à Constantine ou en France, laïcs, juifs, chrétiens ou musulmans, il œuvre pour diffuser le patrimoine musical, artistique et historique de Constantine.