Présentation de l'ouvrage
PREMIER ROMAN

Un homme disparaît après une dispute conjugale.
La police lance des recherches. Dans l’angoisse de l’attente,
les souvenirs refont surface dans l’esprit de sa fille, Angélique.
Souvenirs de l’Algérie des années 1961 et 1962,
où la guerre sous toutes ses formes provoque un séisme familial.
Peur des attentats, mais aussi moment d’insouciance et de partage
avec la sœur de cœur d’Angélique, Djamila.
Le récit alterne deux temporalité, entre l’enquête sur la disparition
du père et le vécu algérien chaotique d’Angélique, apportant émotion et suspense.
Un roman à la fois tragique et poétique à hauteur d’enfant,
où l’amitié, l’amour des livres et l’imaginaire permettent d’échapper
à l’indicible. D’autant que le ton alerte et souvent plein d’humour
rend le récit d’Angélique terriblement attachant.
Martine Duquesne anime un groupe féru de littérature : « Sur la route des livres »
Début du prologue de son roman :
« Comment les choses ont-elles commencé ? Difficile à dire. Ça pourrait être quand mes parents se sont mariés ou quand la guerre d’Algérie a éclaté ou quand je n’ai pas dit ou fait ce qu’on attendait de moi. À chaque fois, je remonte plus loin pour trouver l’origine de l’histoire mais il n’y en a pas vraiment. Si je fais un effort, je me revois dans ma vielle Saab sur la route de Lachassagne. Je vais voir mes parents comme on rend visite à de vieilles connaissances dont la vie vous a peu à peu éloigné. Le soleil à l’oblique m’aveugle, je pianote sur mon volant en fredonnant avec Julien Doré, Viens je m’envole / Le soleil s’éteint entre Viborg et Rome / Viens je m’envole / Nous prierons demain si le ciel nous pardonne.
C’est un après-midi comme les autres. On entrevoit avec soulagement la fin de l’hiver. Je ne sais pas à cet instant qu’il est déjà trop tard. Comment le saurais-je ? Le cours des événements est enclenché comme une bombe à retardement. Je n’ai aucun pressentiment.
Le propre d’un drame est d’éclater un jour ordinaire.
Au-delà de cet après-midi, plus rien ne sera comme avant. Sur la route ensoleillée, la vie normale s’est déjà arrêtée. »
D’autres extraits :
« J’adore avoir un père qui est plus fort que la presse. »
« Je sais qu’elle est la maîtresse de la haine. »
« Moi, je vois la guerre comme un ogre vorace qui n’en finit pas d’avoir faim. Cessez-le-feu ou pas, il lui faut de la chair fraîche, des femmes, des enfants, des vieux, des mariées, bientôt des arbres, des oiseaux et le soleil en prime. Il en veut toujours plus. Un glouton, qui avale la nourriture sans mâcher, ce qui provoque ballonnements et douleurs abdominales et empêche de grandir dis ma mère. Après l’ogre, grandir, c’est plus son problème… »
C’est un roman très émouvant que signe Martine Duquesne, sur une époque dont je ne suis pas très coutumière dans mes lectures, une histoire récente que je connais assez mal, celle de l’Algérie des années 60 et plus particulièrement des français qui ont fini par être rapatriés pour échapper aux violences.
Les événements sont relatés à hauteur d’enfant, par le regard d’Angélique qui, à la mort de son père se remémore ces années au cours desquelles, âgée de 7 ans, son monde a basculé. Et c’est la bonne idée de ce livre car le regard de la petite fille permet d’instiller une dose d’humour et de naïveté à un contexte dramatique. En jouant en quelque sorte le rôle d’un candide, elle permet au lecteur de vivre les événements comme s’il y était, de ressentir l’atmosphère de peur qui entourait les « colons » et les tensions de plus en plus fortes entre les partisans de l’indépendance et ceux de l’Algérie française.
Les parents d’Angélique, enseignants reflètent parfaitement la position de nombre de leurs semblables persuadés d’apporter le bien, méprisants envers une population locale jugée ignorante et fainéante, incapables de se rendre compte des réalités. Un contraste fort avec les sensations de la petite fille et des enfants en général plus tentés de faire fi des barrières sociales ou raciales pour partager des jeux et plus curieux de l’autre aussi d’une certaine manière.
Par des allers-retours entre passé et présent, l’auteur recrée les conditions du drame politique mais également du drame personnel, celui d’une famille compliquée avec notamment la personnalité nocive de la mère que le drame algérien et le rapatriement n’ont pas arrangé.
J’ai beaucoup apprécié la précision de l’auteur et sa façon de tisser la trame contextuelle avec finesse, sans pour autant donner une leçon d’histoire mais en faisant la part belle aux sensations tout en permettant aux novices comme moi de rassembler(ou retrouver) les principaux éléments de cette période dont les conséquences se font encore sentir de nos jours.
Et puis il y a cette relation avec Djamila, l’amitié entre deux enfants impactée par la folie des hommes et la violence ordinaire.
Martine Duquesne mêle avec dextérité l’intime et l’histoire dans ce roman qui prend apparemment sa source dans des souvenirs personnels mais parvient à toucher à quelque chose d’universel. A commencer par le coeur.
Critique issue du site Babelio – Note 4,5/5
J’ai beaucoup aimé « La solitude des enfants sages » de Martine Duquesne. On y suit en parallèle deux périodes de la vie de l’héroïne, Angélique : en 1961, lorsque petite française de 7 ans elle vit avec ses parents dans un village d’Algérie où ils sont instituteurs ; et en 2010, lorsque son père décide de se suicider. A l’insouciance d’une époque s’oppose la gravité de l’autre, même si au final on s’aperçoit petit à petit que l’enfance d’Angélique est loin d’avoir été idyllique. ..
J’ai jusqu’à présent très peu abordé le thème de la guerre d’Algérie dans mes lectures, et la découvrir ici à travers les yeux de cette petite fille a été assez intense : la vie au quotidien avec cette guerre sourde, les menaces, la peur, tout ça avec des parents qui ne veulent rien vous dire pour ne pas vous inquiéter (et ce qui a bien évidemment l’effet inverse), c’est assez glaçant. Le passage sur la fuite et le rapatriement est également très fort. L’autre thème abordé dans ce premier roman est la figure de la mère, absolument monstrueuse : Angélique la déteste sans arriver à mettre ce mot sur ses sentiments, et nous décrit son enfance sans amour dans les cris et la colère. Dur dur à lire quand on est soit-même maman et qu’on essaye de faire de son mieux…
Mais quand même, j’ai beaucoup aimé. En un grand merci à Babelio et aux éditions La Cheminante pour cette belle découverte.
Critique de Babelio – Note : 4/5
Merci aux éditions « La Cheminante » et à la masse critique de Babelio pour la découverte de ce livre.
J’ai beaucoup aimé ce livre, qui sort des sentiers battus, différent, les dernières pages prennent aux tripes.
Dans leur résumé (celui de la 4ème de couverture), tout est dit et rien n’est dit en même temps, tout comme le titre, mais assez intrigant pour donner l’envie de se pencher dessus.
J’ai adoré le style très entraînant, ça change, ça rappelle l’enfance, jeux de mots, comptines, contes, des passages en italique. Ou comment faire passer les choses plus facilement.
Angélique est une enfant douce, sage, intelligente, qui aime les livres, s’évader dedans, ça l’a beaucoup aidé. Mais avec cette sacro sainte règle de vouloir protéger les enfants, on lui ment, seulement elle sent que ce qui se passe n’est pas normal et finalement ça ne la protège en rien, et l’inquiète encore plus.
Le livre oscille entre 2 périodes : 1961/1962 où Angélique a 7 ans, et 2010 où son père disparaît. Que lui est-il arrivé ?
Les années d’innocence d’Angélique lui ont été volé à cause de la guerre d’indépendance d’Algérie, et plus d’une fois on tremble pour elle. De la hauteur de ses yeux d’enfant et avec des mots qu’on lui sert qui sonnent faux, on voit les choses se désagréger autour d’elle, on tremble pour elle et sa famille. On voit aussi la merveilleuse amitié se former avec Djamila. Et elles se disent tout, ne se cachent rien, avec elle, elle comprend comment ils sont considérés, comme des roumis, que certains ne veulent plus d’eux, plus de la colonisation française. Elles peuvent partager leurs cultures et s’ouvrir à l’autre. Mais que peut-elle, elle enfant du haut de ses 7 ans ? Doit-elle subir de telles conséquences ? Et ses parents, ni pauvres, ni riches, qui transmettent le savoir.
Sa famille aussi est compliquée, surtout sa mère surnommée la Commandante. On croit que c’est une famille parfaite, mais c’est un drôle de couple, qui se livre une drôle de guerre par moment. La mère a une personnalité particulière, nocive par moment, qui a marqué Angélique à jamais.
Martine Duquesne livre là un très beau récit, qui touche en plein coeur.
Critique issue du site de Babelio – Note : 4/5
Merci aux éditions » La Cheminante » et à la masse critique de Babelio pour l’envoi de ce livre.
Dans ce premier roman de Martine Duquesne , nous découvrons l’histoire d’Angélique et de sa famille à deux époques différentes.
Lachassagne, 2010. « Il faut que ça s’arrête, ça ne peut plus continuer », ce sont les derniers mots que son père a prononcé avant de disparaître. Angélique est bien triste par ce déchirement familial, car depuis toujours elle a été témoin de la fragilité du couple de ses parents et maintenant elle se rend compte que le drame approche. Les souvenirs surgissent comme si elle était en train de les vivre, avec les mêmes émotions qu’à l’époque : Angélique a sept ans et c’est une fille intelligente et curieuse. Elle veut comprendre beaucoup de choses, mais on ne lui répond pas. Il faut dire que sa mère est une personne dure qui aime bien diriger tout le monde et le surnom « la Commandante » lui va à ravir. Angélique adore les livres et l’imaginaire lui permet d’échapper à la violence des adultes.(il y a la guerre de l’Algérie qui éclate et en même temps la guerre entre ses parents). Mais malgré tout, elle est un enfant optimiste et l’amitié avec Djamila est le plus grand trésor pour son âme d’enfant.
Une très belle surprise ce roman de Martine DUQUESNE. Quelle écriture pleine de délicatesse! Un livre emouvant qui se lit très vite.
C’est vrai que l’histoire est triste, mais le ton alerte et plein d’humour rend le récit attachant et passionnant.
Critique issue du site de Babelio – Note : 4/5