Présentation de l'ouvrage
Les Cancres, un roman de Romuald Olb Oudjani… À lire près du radiateur
De quoi est-il question dans le roman de ce jeune auteur, Romuald Olb Oudjani, Les Cancres ?
D’une histoire, celle de Massil, adolescent sensible, d’origine modeste, lycéen au lycée Camille Jullian, un établissement huppé de Bordeaux.
Né d’un père breton et d’une mère kabyle, Massil doute de ses aptitudes et de son identité.
Dans ce roman plein de tendresse et de lucidité, entrent des personnages emblématiques de la jeunesse contemporaine, du brillant camarade au fumeur de cannabis, du cafetier confident et compréhensif à la belle Juliette qui enflamme les cœurs.
L’occasion pour Romuald Olb Oudjani, vice-président du tribunal de grande instance de Bordeaux lors de la parution de son roman Les Cancres, de renouer avec ses souvenirs, d’explorer toute la complexité adolescente et les risques encourus dans cette période vacillante de l’existence. Avec, à la clé, le merveilleux projet d’être heureux, malgré les tempêtes subies, les belles amours en berne, les conflits intergénérationnels, les pressions sociales en tout genre…
Car dans cette quête de jeunesse qui se cherche et se bat pour avoir elle aussi le droit au bonheur, les copains de classe, de quartier, de vie, représentent une aide salvatrice pour se projeter dans l’avenir et déplacer les montagnes, comme l’écrit si bien Jules Romains dans l’épigraphe choisie par Romuald Olb Oudjani : «Trois copains qui s’avancent sur une ligne n’ont besoin de personne, ni de la nature, ni des dieux».
Apéritif romanesque avant de lire Les Cancres… Voici comment tout commence.
«Le 2 mai 1987, Dalida fit la bêtise de mettre fin à ses jours dans le beau village de Montmartre. Le lendemain toute la journée, ma mère pleura la mort de la diva égyptienne. Le monde entier aussi.
Quatre mois plus tard, je franchissais, discrètement et sous un soleil pâle, la grande porte grise de mon nouveau lycée Camille Jullian situé rue de la croix blanche à Bordeaux, au 29.
A huit heures trente, je traversai le visage baissé, une grande allée bordée de platanes et de marronniers, puis un hall et des couloirs sombres avant d’arriver le coeur battant, devant la porte de ma nouvelle classe de seconde B ;
j’entrai sans frapper dans une salle de cours silencieuse et studieuse, tout de suite terrorisé par le regard interloqué d’une vingtaine d’élèves socialement situés à quelques années-lumière de ma modeste condition de fils d’aide comptable. Je venais d’atterrir à mon corps défendant sur la planète des gens aisés parce que ma mère qui ressemblait à Dalida avait décidé que le lycée Camille Jullian de Bordeaux devait, grâce aux aptitudes qu’elle pensait avoir détectées chez moi, m’accueillir et faire de moi un futur et bon citoyen de ce pays.»
Lisez le ! Ce livre fera écho chez vous…
En effet, je ne suis ni un homme, ni un cancre, ni d’origine métissée, ni bordelaise mais le chemin parcouru par Massil, porté par une écriture qui coule, m’a parlé : la recherche de soi dans un monde où les codes ne sont pas donnés à tous, être tout en dedans de soi alors que nous recherchons l’autre et les autres, ces sentiments mélangés et si présents, bien décrits dans le roman, les errements, les doutes et douleurs. Et puis cette conclusion douce et apaisée grâce à la transmission amicale est belle alors que dans le monde soufflent des vieux vents mauvais
« Les Cancres » est le roman de la « maturité » pour Romuald Old, qui nous conte dans un style apaisé le parcours pourtant tourmenté de ses héros. Récit initiatique, il nous mène sans mièvrerie de l’adolescence à l’âge adulte en expliquant, avec finesse et humour, que si nous ne sommes pas tous nés sous la même étoile, chacun demeure maître de son existence. Faire de ses faiblesses physiques, sociales ou culturelles une force savamment canalysée pour mériter une réussite lucide … Parmi la tristesse des destins gâchés, Massil continue d’espérer et le bonheur s’incarne dans les yeux d’un enfant.