Présentation de l'ouvrage
« SANTO SOSPIR » de MAÏ-DO HAMISULTANE
Quatrième de couverture :
Après La Blanche, Maï-Do Hamisultane amplifie la force littéraire de son écriture
dans une forme très contemporaine inattendue : l’échange de SMS,
ponctué de références à la Grèce ancienne et à la Riviera
des années Cocteau dont les fresques offertes à la Villa Santo Sospir
constituent la toile de fond du roman.
Une plume singulièrement proche de celle de Marguerite Duras,
jusque dans son rapport au monde et aux autres.
À la manière des femmes de marins qui s’épanchaient
en saints soupirs espérant leur retour, l’héroïne,
Pénélope du XXIe siècle, explore l’attente interminable de l’amant –
voyageur au long cours de Tamanrasset à Kiev en passant par Samarcande,
le Caire et Casablanca. À la clé, la naissance d’un nouvel amour…
Extraits :
« L’écriture c’est un peu le cœur, non ?
Moi, j’en retiendrais ce qu’en fait Mallarmé dans le poème
Le premier baiser où le mot cœur, au cœur même du poème,
est la condensation du verbe cueillir et du mot rêve. »
« Le matin au hammam public, je regardais ces corps nus, ingrats dehors,
d’une volupté insoupçonnée dans les volutes humides et vaporeuses
des salles successives aux zelliges blancs et bleus.
Le bruit des seaux plein d’eau lancés sur les corps nonchalants
et ruisselants sur les sols.
Une femme me frottant avec un gant grainé et les impuretés
allant rejoindre les eaux chaudes écoulées par les côtés.
J’avais l’impression d’être lavée du passé » […]
« Je n’ai jamais appris l’arabe.
Pourtant j’ai vécu à Casablanca quand j’étais très jeune.
Il y a une sorte de snobisme, certains diraient de complexe,
à ne pas apprendre cette langue, que dans certaines familles
on dit réservée aux domestiques.
J’ai parfois l’impression d’être aphone dans ce pays
qui est pourtant le mien. »
« Je l’ai regardé droit dans les yeux.
Ils étaient blancs ses yeux.
Il était aveugle.
Je l’ai pris pour un illuminé.
Mais c’était moi qui étais dans la nuit noire,
sans astre pour me guider. »
Je l’ai lu comme j’ai vécu trente jours d’une attente insurmontable. Alors que j’attendais, que je l’attendais et qu’il faisait si chaud. J’aurais voulu lire Santo Sospir. Il était trop tôt. « Les femmes attendent » toujours.. mais elles peuvent apprendre à prendre.Je l’ai lu, là… Au dernier point, j’ai soufflé, à nouveau. J’ai pu regarder vers ces trente jours passés qui resteront une éternité et que j’étais incapable de décrire. Ce livre est un écho à ceux qui se sont retrouvés paralysés, coincés dans l’illusion de l’instant amoureux. Alors j’ai repensé à la Dame de Shalott que Tennyson a merveilleusement chanté. Un bon roman permet toujours de jeter les ponts entre les rives livresques. Santo Sospir inspire et aspire à être rangé, une fois respiré parmi les beaux textes de la Grande Littérature.