Présentation de l'ouvrage
Ce roman ciselé dans la beauté des mots exprime l’attachement immuable à la terre natale et à la mer.
L’odyssée existentielle d’Azaan, condamné à l’exil, en fait un héros tragique en quête inouïe d’un réenchantement de sa vie.
Accompagné de personnages profonds et attachants, de Grenade à Dakar en passant par le désert de Tabernas, Almería et Isleta del Moro.
Une ode au multiculturalisme, qui déploie des liens familiaux et fraternels indéfectibles dans l’univers des marins pêcheurs.
À l’intérieur du roman, de la musique et une belle partition qui accompagne à merveille la fiction…
« Azaan » est le second roman d’Anne-Marie Carthé, artiste plasticienne et poétesse, qui s’est lancée dans l’aventure romanesque avec « Mère, mon Algérie« , où elle réinvente la vie de sa mère en Algérie et se fait naître à la fin du récit…
Pour découvrir son univers et son Chemin de peinture, ligne d’écriture, cliquez sur le lien suivant : http://carthe.jimdo.com/
Je viens de lire « Azaan ». Chaque phrase de ce livre se déguste et il faut parfois les relire pour déguster les belles trouvailles qu’on ne peut pas découvrir à la sauvette. Tous les personnages ont une grande force. Ils sont tous poètes, même si leurs conditions de travail sont rudes et très physiques. Ce livre est très riche et on voit que tous les hommes se construisent par le manque. Parallèlement Azaan et Diego vivent douloureusement ce manque. Ils ne savent pas le dire mais on se rend compte qu’ils savent parfaitement l’écrire. Beaucoup d’expression sont très belles. J’aime beaucoup page 56 : « parviendra-t-il un jour à délivrer de sa gorge les mots qui l’entravent pour dire simplement à son fils qu’il l’aime ». Comme j’aime aussi page 112 : « Devoir partir décolore les rêves ». Je ne peux pas citer tout le livre ! La construction du roman est aussi surprenante et sa fin inattendue. C’est l’histoire de migrants certes, mais poètes, et pour avoir connu un ami sénégalais qui était un grand amoureux de poésie française, j’ai flotté au gré des vagues vers le Sénégal et Grenade. Merci de ce roman plein de chaleur humaine et de poésie.
Ce matin-là, j’achevais pour mon travail, la lecture de Jean Giono «Les âmes fortes». Ce matin-là, juste après, j’ai ouvert « Azaan ». Je quittai ainsi une prose faite de discours rapportés, de voix enchâssées pour retrouver la plume-pinceau descriptive et poétique d’Anne-Marie Carthé. J’avais lu « Mère mon Algérie » avec le cœur palpitant. J’ai lu « Azaan » le cœur pleurant. L’exil. Comme une fracture à l’intérieur de soi qui se crée au fur et à mesure des pages. Et j’en reviens toujours à ce démiurge qu’est Roland Barthes. La lecture subjective. Que se passe-t-il dans cet instant sans temporalité, confiné en dehors du réel lorsqu’un livre vous happe jusqu’à ne plus respirer parfois ? Dans « Azaan », la syntaxe est différente. Les phrases plus longues, vêtues de couleurs lunaires, poussent le lecteur à éprouver l’exil car elles relient les personnages d’un continent à un autre, comme pour montrer combien il est difficile de se diviser, de se couper des terres d’origines. Le fil ténu des mots qui se déroule lentement empêche ainsi, par la magie du littéraire, les distances géographiques. Et puis, en levant les yeux vers les ciels carthésiens, au-dessus de la mort, planent des phrases plus courtes avec des mots vivants comme des battements d’ailes. Ainsi dans « Azaan », les lueurs d’espoir se regardent dans l’infini du ciel qui n’a pas de frontières, là où la liberté se rêve comme « un oiseau aux ailes de nuées étirées, au corps de lune mauve » pour tous les exilés, pour toutes ces « âmes fortes » qui ont à survivre à l’endroit de leur entre-deux.
J’ai lu votre livre dans les trois jours qui ont suivi son achat, il est aussi merveilleux que le premier, tout en délicatesse, poésie et pudeur. Il est sûr que l’on avait pas envie de quitter Azaan, le héros, comme cela.
« Il ne faut pas regarder le passé, en moi, les images du bonheur sont intactes. Je les retiens comme un vin qui m’enivre… Je les garde dans un repli de ma mémoire pour parvenir à vivre encore. » Tellement vrai !!!
Isabelle
Merci beaucoup pour ces petits bonheurs que vous nous offrez, à quand le prochain ?
L’auteure a déserté les sentiers battus de l’écriture pour nous captiver entièrement avec son style qui, derrière une forme de condensé, nous mène en réalité vers des espaces plus larges. Le dosage strict des mots qui agrémente le texte ne traduit pas moins sa coutumière et non moins généreuse prédisposition à tout étaler à sa manière propre. Gibran Khalil Gibran soutenait qu’un bon livre ne doit pas excéder 60 pages. Ce roman corrobore d’une certaine manière cette assertion. Ce qui m’a le plus subjugué, c’est ce langage qui s’exprime pleinement et clairement par un silence total. Et la pierre de ce nouvel édifice reste cette belle langue qui, bien que trop désertée ailleurs, a toujours un bon avenir devant elle. L’auteure l’a brillamment prouvé. J’entame une deuxième lecture dans les prochains jours.