VENDREDI 29 AVRIL 2016 à 19h – LIBRAIRIE LE 5e ART : RENCONTRE ET DÉDICACE DE JEAN-LOUIS LESBORDES DE SON ROMAN « D’ÉBÈNE ET D’OR » ÉDITÉ À LA CHEMINANTE
Lieu : LIBRAIRIE LE 5e ART
26, rue Martin de Sopite à Saint-Jean-de-Luz
Téléphone : 05 59 43 66 48
DÉCOUVREZ LE ROMAN DE JEAN-LESBORDES EN CLIQUANT SUR LA COUVERTURE :
L’avis sur « D’ébène et d’or » de Florence Canicave, traductrice de « Sables mouvants » de Nella Larsen et de « Autobiographie d’un ex-homme de couleur » de James Weldon Johnson édités à La Cheminante :
Ce qui séduit immédiatement dans ce très beau livre, c’est l’écriture : fluide, maîtrisée et en même temps personnelle, naturelle. Elle est en adéquation splendide avec la profondeur des émotions, établit la distance adéquate avec l’ordre des sentiments, par cette pudeur qui traverse à la fois le récit, l’esprit des personnages, et le regard sur un sujet semé d’embûches. Habitée par cette pudeur même et grâce à ses tonalités d’humour tendre, l’écriture nous place, comme lecteurs, dans une proximité privilégiée, comme une invitation généreuse à faire partie d’une nouvelle famille.
Cette qualité-là est au cœur même du point de vue adopté face à un sujet ardu, délicat et sensible : le jugement sur un passé souvent embarrassant et ses protagonistes n’est jamais une leçon de morale péremptoire. Tant s’en faut. Dans l’esprit du père, l’auteur en appelle à une observation retenue et revenant toujours à ce qui nous relie tous, notre imparfaite humanité face aux grands mouvements de l’Histoire. En tant que lecteurs, de nouveau, nous voici invités à une douceur du regard, une tolérance qui ne nous laisse pourtant pas d’autre choix que d’interroger nos certitudes. En même temps, l’auteur parvient à réaliser ce pari d’équilibriste, de nous y inciter tout en respectant notre liberté de pensée et notre individualité émotive.
Une des leçons de ce livre est que nous ne sommes pas obligés de participer à ce qui dans notre monde heurte nos consciences, sans être dans une confrontation belliqueuse ni manquer de courage. Incarnés au cœur profond du récit, ces enseignements sont proposés avec la réserve qui caractérise ce livre. J’en retiendrai une, qui parle à mon âme de voyageuse :
« Découvrir le monde suppose qu’on n’oublie pas d’où l’on vient pour rayonner à partir d’un nombril originel qui offre la possibilité à chaque minute troublante de revenir sur ses pas pour avoir, paradoxalement, la force de poursuivre. » (p.102)
Une bien belle plume !

