Présentation de l'ouvrage
Magistrat, Adrien a deux enfants magnifiques, une femme sublime,
un bel appartement dans le 17e arrondissement de Paris.
Pourtant, rien ne va plus dans cette vie parfaite où « être arrivé »
s’apparente à un ennui mortel.
Une faille dans l’amour conjugal et la rencontre abrupte avec Elimane,
un exilé sénégalais, produisent un électrochoc dans l’existence policée d’Adrien.
Un autre « personnage » va révéler sa part d’originalité : sa 504 Peugeot
vintage rouge, avec laquelle il va larguer les amarres !
Quittant Paris avec Elimane, il s’embarque vers le Sud dans un road movie
rocambolesque et plein d’humour, où l’humanisme de ce héros mélancolique
des temps modernes se révèle, montrant une voie possible vers l’autre.
Début du roman :
À quelques encablures du palais de justice de Paris, sur la place Dauphine, j’ai aperçu tôt ce matin un drôle d’énergumène qui criait à tue-tête qu’il voulait rentrer chez lui. C’était un homme à la peau noire, d’une quarantaine d’années, portant costume sombre et chaussures de couleur mauve aux semelles élimées. Il n’avait pas de chaussettes à ses maigres pieds alors que dehors bizarrement il faisait un froid dur et glacial.
Tout a commencé au mois de novembre 2013, le dix précisément aux alentours de sept heures quarante-cinq. C’était le jour de mes quarante ans et je ruminais très sérieusement sur le sens de la vie, à cause du chiffre 4. Une réflexion très ordinaire que je décidai de garder pour moi, sur la place Dauphine. Je désirais juste rester seul à ce moment précis de mon existence qui s’apprêtait à basculer dans l’autre moitié du reste de ma vie. Malheureusement, l’homme sans chaussettes en avait décidé autrement. Il s’est approché de moi, nerveusement. D’une certaine manière, on peut dire qu’il avait zoomé sur ma personne parce que j’étais, je crois, le seul homme ordinaire à marcher sur cette place. Je me suis dit intérieurement et d’une voix légèrement contrariée qu’il était impossible de passer incognito dans cette ville, de jour comme de nuit. De mon côté, j’ai péniblement parcouru une vingtaine de mètres avant d’immobiliser mon corps à environ trente centimètres de son visage. Puis je l’ai fixé du regard, contraint, parce qu’il avait réussi comme un pilote de chasse qui fixe sa cible sur son écran-radar, à me toucher. En plein cœur !
504 est le sixième roman de Romuald Olb Oudjani,
dont le précédent édité aussi à La Cheminante : Les Cancres.
J’ai aimé ce texte, à la lisière parfois du surréalisme, il plonge dans la réalité en créant une distance qui permet de rire face à des situations dramatiques.
L’existence et ses différentes facettes.
Une vision de la vie à la fois grave et saugrenue.
Le burlesque et l’humour côtoient la naïveté et la complexité des sentiments humains.
J’aime le style, rapide, fluide de cette histoire incroyable, de Paris à Saint-Jean-de Luz en passant par Mimizan, avant que la 504 ne s’africanise définitivement…
J’ai reçu ce roman dans le cadre de la dernière Masse Critique Babelio et je les remercie ainsi que les éditions La Cheminante.
Tout d’abord j’aime beaucoup le format du livre, la qualité du papier et l’image de couverture qui représente bien l’histoire de ce road-movie en 504 de Paris au Sénégal.
Le récit débute lorsque le héros et narrateur, Adrien, magistrat pour les cas de surendettement s’aperçoit que sa femme le trompe… Mais le thème de l’adultère n’est qu’un aspect de ce qui va pousser cet homme a rompre avec sa vie en quête de sens.
Au début du récit, la rencontre avec Elimane, sans-papiers sénégalais qui cherche sa soeur dont il a été séparé dans l’enfance, enclenche aussi un fil rouge qui va accompagner le héros en le rassurant.
C’est étonnant, avec parfois des sauts du coq à l’âne dans l’écriture originale mêlant cru et poétique par moments. Certains passages sont surréalistes, proches de l’absurde.
Je n’ai pas totalement accroché notamment le passage sur le manuscrit de l’auteur et la fin du séjour à Mimizan mais j’ai trouvé les personnages principaux plutôt attachants.
Un roman dépaysant, bien qu’ancré dans la réalité !
Critique issue de Babelio – Note : 3,5/5
C’est un livre assez surprenant. Je ne m’attendais pas à ça en le commençant. On suit les péripéties d’Adrien qui devait tout avoir pour être heureux. Une épouse magnifique, deux beaux enfants, un bel appartement à Paris et un poste de magistrat où il juge les problèmes d’insolvabilité. Mais on sent le malaise dès le début, les choses empirent lorsqu’il apprend que son épouse le trompe. Là tout se bouscule et il décide de partir et de tout laisser, femme, enfant et boulot. Il part avec Elimane, un jeune sénégalais clandestin qui cherche sa petite soeur. On en apprend plus sur Elimane qui raconte son histoire. C’est vers la fin que l’histoire devient vraiment surprenante, lorsqu’ils arrivent à Mimizan, j’ai bien aimé cette partie loufoque. Or le fait que l’histoire est surprenante, j’ai aimé ce livre car j’ai trouvé l’histoire tourné avec beaucoup d’originalité malgré le sujet. Et puis on réfléchit forcément un peu à soit, on se dit que des fois on a tout pour être heureux et on ne l’est pas forcément, il y a toujours des choses qui ne vont pas et il y a toujours pire que soit.
En tout cas je remercie Babelio et Les éditions La Cheminante de m’avoir fait découvrir ce livre et cet auteur.
Critique issue du site de Babelio
Je remercie tout d’abord la masse critique Babelio et les éditions la Cheminante pour m’avoir envoyé ce livre !
Adrien, Magistrat, à une vie bien rangée. Métro. Boulot. Dodo. Une vie pitoyable, ou tout sens de rêve et d’envie est réduite à zéro.
Puis son couple coule, et la liberté commence.
Ce livre est une véritable ode à la liberté, mais est en même temps fortement ancré dans la réalité. Entre rêve, envie, liberté et réalisme, tristesse et endettement, Adrien nous emmène dans son voyage fou, avec Elimane, son ami SDF.
C’est un livre beau, qui fait réfléchir sur sa propre existence, et sur sa propre liberté.
Critique issue du site de Babelio – Note : 4/5