Présentation de l'ouvrage
Quatrième de couverture :
Premier roman de la poétesse et plasticienne Anne-Marie Carthé, Mère, mon Algérie sonde les attaches affectives profondes avec son pays d’origine l’Algérie, où trois générations ont vécu en terre aimée. Elle invente une biographie à sa mère qui lui permet d’explorer au quotidien la convivance fraternelle des communautés musulmane, juive et chrétienne, formant un peuple riche de ses valeurs amicales et familiales.
Tout en délicatesse et dans une plume proustienne s’écrivent les moindres soubresauts d’un bonheur en construction, la vibration poétique de l’instant, la passion de la couture qu’avait sa mère, son goût de la nature et des autres.
Un attachement indéfectible à un terroir de partage, juste avant la naissance de sa fille unique, marquée par les premiers troubles, la guerre, puis l’exil.
Huit ans et seulement une poupée en main pour entrer dans l’avenir…
Extraits :
« Les mots de la langue maternelle sont-ils traduisibles ? Ils sont notre peau, l’iris de nos yeux, le cœur de nos émotions les plus intimes, les liens de nos racines même lointaines. Dans ce pays qui m’a vu naître, le castillan s’est chamarré du valencien et du dialecte oranais, offrant à mes oreilles une musique unique, généreuse, qui me parle comme aucune autre langue ne peut me parler. Je l’écoute comme aucune autre langue. J’aime ses faiblesses, ses imperfections. Elle est comme la nature humaine, jamais parfaite, mais elle est mienne. »
En savoir plus sur l’auteure plasticienne et poétesse Anne-Marie Carthé :
http://carthe.jimdo.com/
Les couvertures de La Cheminante réalisées par Anne-Marie Carthé :
J’ai adoré ce livre, beaucoup de poésie, bel hommage rendu à ta maman et à ta famille aussi. A travers l’histoire, j’ai revu tes parents avec leur humanité, leur gentillesse, leur générosité, leur joie de vivre, ta grand-mère, Marie, de belles personnes que j’aimais beaucoup et que je n’oublierai pas. Des souvenirs d’Algérie sont remontés, beaucoup d’émotion ressentie. Je me suis replongée dans le passé. Félicitations pour ce bel hommage rendu à ta famille. Elle serait fière de toi aujourd’hui, de ton parcours et de l’artiste accompli que tu es devenue. Surtout continue. J’ai hâte de lire ton prochain livre. Merci Jeanne……..
Beaucoup de générosité dans l’écriture avec des phrases très poétiques qu’on lit et qu’on relit. Des personnages très attachants, une belle tranche de vie.
Merci pour ce beau livre.
J’ai été troublée par le début, la mère regardant la photo, puis j’ai accepté ces irruptions de la poésie tout au long du livre. Elles donnent du flou au paysage, renforçant la sensation d’enfermement, avec des brèches sur une dimension infinie qui apparaissent ça et là au détour de ce récit fragmenté : ainsi page 56, suivant les promesses faites à elle-même et les projets de l’héroïne, que l’on sent ténus dans le contexte, ces quelques mots : « On meurt inachevé. »
J’ai été particulièrement sensible à la seconde partie du roman en raison de mon histoire. Je me suis retrouvée dans le personnage de Jeanne, dans cette forme de schizophrénie qui veut tenir la violence à distance. Elle ferme les yeux, elle ne pose pas de questions, elle ne veut pas voir… La mort peut surgir sous ses pas, elle n’aura d’autre nom que l’absurde. L’homme étendu qui baigne dans son sang est une victime. Pour l’enfant, il y a la douceur de la famille, l’utopie des parents. La guerre – qui ne dit pas son nom et sa violence aveugle viennent d’ailleurs. L’auteur a su restituer avec subtilité la convivance des classes moyennes dans ce climat de danger constant. Elle a su dire l’impuissance de ceux qui voulaient vivre ensemble sans parvenir à choisir un camp, sinon celui de la fraternité.
Lecture très prenante d’une belle famille et de belles amitiés ! Contente d’avoir pu lire vôtre livre Anne-Marie merci et félicitations pour cette très belle écriture.
Roman très attachant chargé de souvenirs, malgré une période assez difficile pour des femmes courageuses.
La petite histoire dans la grande histoire. Celle d’une femme qui sort des sentiers battus pour aller vers elle-même. Un quotidien partagé offrant une belle présence. Et l’incompréhension de ce qui se passe, dehors, tout près, si près qu’il faut partir, reconstruire, sans faiblir.
Et dans cette tourmente, une écriture qui invite à être paisible, qui inspire la paix.
Un roman difficile à lire à cause de sa simplicité, ses vérités même les plus dures qui nous font poser les vraies questions qui ne l’ont jamais été, l ‘absence de jugements et surtout celle des arrêts le plus souvent absurdes, la narration sortant des sentiers battus pour figer notre attention sur le sens de la vie, tels sont, à mon humble avis, les composantes de cette trame tissée – sans jeu de mots – par une maîtresse couturière. Une vraie délectation à ceux qui ont du cœur, en tout cas pour le Bélabbésien lambda que je suis
« Mère mon Algérie »
ressemble à une auto-biographie où l’auteur, de son écriture sensible emprunte le point de vue de sa mère pour rendre un hommage sincèrement proche et délicat à l’évocation de ses parents.
Et ses mots, qui viennent si naturellement de la langue maternelle expriment une conscience lucide et sereine en tissant le regard sur soi, puis, celui du lecteur, ou de la lectrice que je suis
« Les mots de la langue maternelle sont-ils traduisibles? Ils sont notre peau, l’iris de nos yeux, le coeur de nos émotions les plus intimes, les liens de nos racines même lointaines. »(p.64)
Sabaline Fournier
Travaille chez Espace Dantza
Habite à Pau
Bonjour Anne Marie. Je voulais vous laisser une trace de ma lecture de « Mère, mon Algérie ». J’ai aimé l’écriture, savouré la forme et je l’ai surtout trouvé merveilleusement poétique. Aussi en ai-je pris quelques notes pour ne pas en oublier l’essence. Merci et bravo !
Ecrit avec beaucoup de poésie et de retenue, ce livre nous montre comment il est possible de vivre ensemble même avec des origines culturelles et religieuses différentes. A lire absolument !!!
5 étoiles sur 5 un délice !
Très poétique, un régal à lire, plein d’humanité. L’auteure nous emmène dans son voyage intérieur sans qu’on se fasse prier. Une bouffée d’air frais.
Je termine à l’instant la lecture de votre livre, « Mère, mon Algérie ».
Merci pour la douceur et la simplicité avec laquelle vous décrivez les moments difficiles qu’ont traversé les personnages très attachants de votre histoire, sans jamais laisser la place à la haine et la colère. La couverture de votre roman est à l’image de son contenu, sur un fond parme un petit ange, aux ailes de papillon pour choisir son nouvel avenir malgré la blessure qu’il porte sur son ventre.
Les valeurs de tolérance et de laïcité que vous décrivez sont d’actualité. Ce sont des valeurs si fragiles qu’ils faut en prendre soin au quotidien !
Dans l’attente de votre prochain roman…
Marie-Lyse GASTON
Un délice. Très poétique, un régal à lire, plein d’humanité. L’auteur nous amène dans son voyage intérieur sans qu’on se fasse prier. Une bouffée d’air frais.
Anne-Marie Carthé a quitté l’Algérie en 1962. A l’indépendance. Elle avait huit ans.
Ses parents enseignants : mère espagnole, père français, ont dû s’exiler.
Ce roman est une façon de plonger dans ses racines, de garder vivante la mémoire de sa mère.
le livre se compose de trois parties, elles-mêmes réparties en courts chapitres. Cela laisse le temps d’une respiration avant d’aborder la tranche de vie suivante.
C’est en 1946 que, suite à la grande douleur de la mort de son père, la jeune Norande se réfugie au couvent de Centourée-sur-mer, en Normandie pour y chercher l’apaisement.
« Une nécessité intérieure s’impose alors à moi: me mettre à l’écart du monde quelque temps, loin de ce qui me rappelle sa présence à jamais perdue… »
« Ma vie comme un arbre, cherche la source et le ciel. »
Elle y apprend la couture qui deviendra sa passion .
De retour au pays, dans la joie de retrouver les siens, elle pense déjà à conduire sa vie. « Je leur confie mes projets, anticipant les désaccords de ma famille. Ma volonté sera plus forte que mes craintes. »
« Ma soif de liberté me porte, je sais que tout cela a un prix. »
Elle veut enseigner la couture et mettra « tout en oeuvre pour y parvenir. »
On a des personnalités affirmées dans la famille !
La première partie, jusqu’en 1953, est celle des rencontres, des découvertes, des amitiés chaleureuses, de l’enseignement. L’ensemble est narré avec poésie par qui sait apprécier la beauté des choses, les plaisirs quotidiens.
Malheureusement on connait L Histoire : la situation se dégrade, les militaires s’imposent, tuent. Les communautés amies se défont, la peur s’installe.
« Les ressentiments des Algériens sont compréhensibles. Qu’est-ce qui justifie plus de confort, plus de considération, plus de respect, plus d’humanité tout simplement, envers un être humain plutôt qu’un autre? Et routes communautés confondues, les pauvres restent pauvres. »
Anne-Marie Carthé , dans cet hommage à sa famille, à son pays natal, a écrit un livre passionnant dans un style que j’ai admiré.
Je remercie chaleureusement Sylvie Darreau des éditions LA CHEMINANTE et Babélio son intermédiaire.
On s’installe dans ce livre comme dans un fauteuil confortable. Une tendre tiédeur nous enveloppe, constante, et l’on se trouve bercé par la voix douce et légère de la narratrice. Ça sent bon les fruits secs, le kahwa du matin, les pâtisseries grasses et le vent salé qui vient de loin. Les papilles s’émoustillent, les sens en éveil captent les bruits animés, chamailleries d’enfants, conversations de femmes étendant le linge, marché du coin… les yeux virevoltent dans une farandole de couleurs toutes plus épicées les unes que les autres, les corps s’animent, se meuvent au grès des phrases et c’est tout un peuple mosaïque qui revit dans ces mots.
Anne-Marie Carthé est une virtuose qui fait renaître une époque, un peuple disparus, décimés par une guerre fratricide. Son lyrisme langoureux voltige au grès de sa pensée, floutée par des souvenirs vagues et imprécis, retours en arrière oniriques, qui donnent à sa prose une dimension poétique langoureuse. On attend, on s’ennuie, un peu, parfois, on assiste à la vie en vitesse accélérée, on a à peine commencé que c’est déjà fini.
La petite histoire dans la grande histoire. Celle d’une femme qui sort des sentiers battus pour aller vers elle-même. Un quotidien partagé offrant une belle présence. Et l’incompréhension de ce qui se passe, dehors, tout près, si près qu’il faut partir, reconstruire, sans faiblir.
Et dans cette tourmente, une écriture qui invite à être paisible, qui inspire la paix.
Une douce lecture. Un beau livre rempli de poésie, où on se plait à lire et relire de belles tournures de phrase, où on en vient à réfléchir sur le bonheur de vivre, où les moments simples de la vie deviennent tout d’un coup si importants et si beaux.
Je pense bien avoir lu le livre trois fois à force de m’attarder sur la beauté des mots.
Je reste tout de même avec le regret de n’avoir qu’un bref aperçu de la situation en Algérie (ce à quoi je m’attendais en lisant ce livre). Cela dit, je ne pense pas que ce fut le but premier de ce livre.
Ce fut une belle découverte, et je compte bien partager ce livre avec ma famille (ayant vécu les mêmes événements).
Je remercie Babélio et La Cheminante pour cette lecture.
« Communiquer avec l’autre, dans le respect, permet d’étendre nos connaissances, de renouveler notre pensée, donnant à chacun de nouvelles possibilités de choix, d’actions plus vastes empreintes avant tout d’humanité.
La lettre, fil de soie entre deux âmes, distille l’immatériel d’une présence lointaine délicatement pliée dans l’enveloppe.
Il est toujours émouvant d’avoir entre les mains le livre qui contient les traces d’un autre regard que le sien.
Nos choix, nos attentes nous mènent au plus près de nous-même, de notre vraie nature et nous permettent de rencontrer les autres avec plus de vérité. » Extrait de « Mère, mon Algérie » d’Anne-Marie Carthé